Bonjour ! Mon premier objectif lors de mon inscription à over-blog était d'écrire mes souvenirs en m'appuyant de mes 13 dossiers contenant 200 photos chacun. C'était une passion culturelle pour moi n'ayant rien de commercial et ni de touches aux questions raciales de quelques nature que ce soit. J'espérais avoir des échanges avec tout le monde pacifique et légal. Malheureusement, je suis très satisfait en retrouvant mes photos classées dans "CONFIGURER" de votre part.
Les Kabyles (Leqbayel ou Iqbayliyen en kabyle) sont un peuple berbère dont le foyer est la Kabylie, une région d'Algérie. À partir de la fin du XIXe siècle, ils ont massivement peuplé l'Algérois[1] et contribué aux premières vagues d'émigration algérienne vers la France.
Les Kabyles fournissent le deuxième groupe berbérophone par le nombre (après les Chleuhs du Maroc) et le premier en Algérie. Ils ont constitué, depuis l'indépendance de ce pays, le milieu le plus favorable au développement de la revendication identitaire berbère.
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Le terme est utilisé pour la première fois à l'arrivée des arabes musulmans, pour désigner les tribus vivant dans les régions autour des grandes villes. Kabayle en arabe veut dire tribus, mot utilisé au pluriel (singulier : kabyla). Ces tribus sont classées par les arabes en grandes tribus et petites tribus, d'où la nomenclature actuelle de Grande et Petite Kabylie. Les Berbères prononcent, pour certains, "kvayle" au lieu de "kabayle", par contraction du mot, lui retirant le "a" après le "k" et en remplaçant "b" par "v" comme ils le font avec les mots empruntés d'autres langues.
C'est donc le terme que les Européens utilisaient pour désigner ces montagnards qui portaient des noms différents en fonction des tribus auxquelles ils appartenaient.
Aussi, il pouvait aussi bien désigner les Berbères Chaouis des Aurès, ceux de l'ouest algérien, et même du Maroc. On parlait alors de Kabylie de l'Ouarsenis, ou encore des Kabylies du Maroc[2].
Le nom s'est ensuite restreint à l'ensemble formé de la Kabylie du Djurdjura et du Dahra et celles des Bibans-Babors[3], du fait notamment de la plus grande attention que la France a fixé à cette région qui opposait une résistance plus tenace.
Les arabophones utilisaient le mot Zouaoua (sg. Zouaoui), selon certains c'est une déformation du berbère Agawa, un massif au cœur de la Grande Kabylie, dont le pluriel Igawawen[6]. était le nom d'une ancienne et puissante confédération de huit tribus organisées en deux groupes : At Betrun (Ath Yanni, Ath Budrar, Ath Bu Akkach, Ath Wasifs) et Ath Mengellat (Ath Mengellat, Ath Bu Yusef, Ath Weqbil, Ath Attu).ath ililltene
Les Zouaouas sont issus des deux branches de Medghassen (patriarche des Berbères), selon Ibn Khaldoun[7].
Toutefois, selon le professeur Salem Chaker le terme Zouaoua/Zouaoui utilisé par les arabophones ne doit pas être relié à agawa/igawawen mais plutôt à azwaw/izwawen (prénom kabyle et nom de clan répandu en Kabylie). Salem Chaker démontre que Izwawen est le véritable nom ancien et autochtone des Kabyles qui « comble de la dépression historique ont presque oublié leur véritable nom[8]». En outre, dans l’Ouest algérien, les Kabyles sont toujours désignés sous le nom de Zouaoua/Zouaoui[9]. Zouaoua a donné en français zouave, puisque les premiers fantassins indigènes étaient originaires de cette confédération.
La langue kabyle (tha kvayelith" taqbaylit " textuellement « la (langue) kabyle »)(قبائل) se rattache au groupement berbère qui comporte plusieurs variantes. La Kabylie représente la deuxième concentration de berbérophones après le Souss (Sud du Maroc). Estimée à plus de 7 millions de locuteurs (la moitié des berbérophones algériens), cette langue est très proche du chenoui (parlé dans le Chenwa à l'ouest d'Alger) et du chaoui (tachaouit) parlé dans les Aurès au sud-est de la Kabylie. Très attachés à leur identité berbère, les Kabyles revendiquent
la reconnaissance du pluralisme linguistique, notamment par la consécration pour la langue Tamazight (Berbère) dans la Constitution algérienne d'un statut de langue officielle, en plus de celui de nationale déjà accordé[10].
Tha kvayelith (« la kabylité ») signifie aussi dans la sémantique kabyle en général, la référence à un système de valeurs ancestrales (code de l'honneur) non contradictoire
de l'esprit du clan (çof) qui régulent et gèrent la vie collective à l'échelle d'un village ou d'une tribu ou confédération.
L'organisation sociale des Kabyles, autrefois éleveurs et agriculteurs sédentaires a été abondamment étudiée, notamment par le sociologue français Pierre Bourdieu[11]. Ce modèle a été largement modifié par la forte émigration qui a bouleversé les rapports sociaux[12], l'urbanisation, mais on peut tracer les grands traits de la société traditionnelle.
L’unité sociale de base de la société Kabyle est la famille élargie l'Axxam (le foyer). La Txarubt (faction), est l’extension de la famille élargie, chaque composante de la faction se réfère à l'héritage symbolique d'un ancêtre de lignée paternelle. La txarubt assure l'intégrité de chaque individu et la défense de l'honneur du nom en commun, avant l'introduction du nom patronymique par l'administration coloniale, c'était le moyen d'identification le plus utilisé. Dans certain villages importants (tudart) il y a une structuration par quartier qui regroupe différente factions (tixarubin), c'est l'adrum. C'est l'ensemble de ces quartiers qui forment le village. Plusieurs villages peuvent s'unir et former laarch (la tribut), un ensemble de tribut donne la taqbilt (une confédération), qui donnera son nom aux berbère de la région appelés kabyles[13].
Chaque village formait tajmaât (« une assemblée » en kabyle), une petite ou grande organisation selon l'importance numérique du village, semblable à la république démocratique[14]. Elle était composée de tous les hommes ayant atteint la majorité, et où en principe tout citoyen, quelle que soit sa condition socio-économique, pouvait prendre la parole pour exposer ses idées et prendre position lors des propositions de résolutions. Les vieillards, à qui l'on attribuait le titre d’imgharen, parce qu'ils étaient chefs de famille, ou même de la lignée vivante, bénéficiaient d'un respect particulier et d'une grande écoute, aussi l'on accordait à leurs décisions dans la tajmaât une plus grande importance, et la démocratie kabyle s'apparentait parfois plus à une gérontocratie.
On y nommait l’amin (« chef ») (ou l'ameqqran ; « ancien », suivant les régions) qui était chargé du bon déroulement de l'assemblée et de la mise en
application de ses décisions.
Pour les plus grandes tajmaât, le chef était parfois assisté dans ses fonctions par un uqil et plusieurs t'emen[15]. L'uqil
avait la responsabilité des revenus de la tajmaât, et avait en plus un droit de regard sur les décisions du chef. Il appartenait en général à un çof (« ligne »,
alliance de plusieurs tribus[16]) opposé à celui du chef, constituant un véritable contrepoids au pouvoir exécutif, ce qui assurait une certaine stabilité politique[15]. Le t'emen, sorte de « député-maire », représentait son çof lors des
réunions et transmettait les décisions.
Conseil municipal, cour de justice et cour souveraine, la tajmaât se référait, en cas de litige ou de problème, à des textes de lois, les « qanôun kabyles »[17], la plus haute autorité juridique, qui définissaient le moindre manquement et sa sanction[18].
Le code de l'honneur protégeait « la maison, les femmes, les fusils », et stipulait que le meurtre devait être vengé par les liens du sang (les auteurs de ces actes y compris les vengeurs étaient rejetés de la communauté). La filiation est patrilinéaire agnatique. Le patronyme de l'ancêtre commun se transmettait. La tajmaât vivait sous l'autorité du groupe, où l'esprit de solidarité est fort développé. Pour exemple le terme tiwizi (« solidarité ») désigne l'activité collective consistant à aider un villageois dans une de ses tâches comme le ramassage des olives[19], à laquelle il contribue directement ou en nourrissant les participants.
Rectificatif : Djemâa (que les kabyles ont intégré en "tajmaât" en le berbérisant) est un mot d'origine arabe ; le mot exact en kabyle est plutôt "agraw" qui signifie assemblée. Le çof ne se rapporte pas à un clan mais à une ligue, le clan est une organisation qui se rapporte à une famille élargie, comme la tribu, alors qu'un çof peut-être changeant[20].
De nos jours, à côté de l'islam sunnite, largement majoritaire comme dans l'ensemble du Maghreb, existent des minorités chrétiennes, catholiques romains et plus récemment protestants évangéliques[21],[22],[23]. La présence catholique date de la colonisation française et les communautés structurées autour des Pères blancs restent figées numériquement, alors que le protestantisme développe une politique active d'évangélisation [24].
Selon Yidir Plantade la Kabylie comme le reste du Maghreb est resté attaché au cours de son histoire a une religiosité populaire avec des figures locales comme les saints et les marabouts .[25]. Pour lui, déjà avant la venue française, la société kabyle est « à mi-chemin entre religiosité profonde et sécularisme pré-moderne », cependant il parle de la laïcité comme un élément exogène à la Kabylie et il considère la culture laïque comme importée d'outre-Méditerranée par l'école républicaine française. [26]. Il note cependant le fait que, lors de la colonisation française, ces idées ont marquée profondément les Kabyles qui fréquentaient les écoles coloniales. Il décrit ces nouvelles élites comme "modelée par l'école et par l'administration française"[27]. Ces mouvement laïques après avoir séduit la population dans les année 1960 avec l'émergence du mouvement berberiste connaissent un déclin.Selon l'auteur, face à l'impasse dans laquelle ce mouvement laïque est engagé on assiste à un regain de religiosité en Kabylie surtout de la part de la jeunesse[28]. La particularité kabyle résulterait donc essentiellement du traitement et de la politique qui lui a été réservée pendant la colonisation française.
Selon Alain Mahé, cette vision d'une laïcité kabyle relève de ce qu'il décrit comme un "mythe kabyle" promu par les autorité coloniales.[29]
Selon Youssef Allioui, Au contraire, cette laïcité était une réalité. Si nous nous basons sur le type de gouvernement kabyle, profondément démocratique où les marabouts, et à fortiori les oulémas, n'intervenaient pas dans la vie politique. Même si l'Islam populaire Nord-Africain, était présent en Kabylie. [30]
Historiquement, la Kabylie a connu l'ensemble des religions du bassin méditerranéen, ayant même contribué, comme partie intégrante du monde berbère, à la fourniture de quelques dieux et déesses aux Grecs et aux Romains, telle que Antée. D'abord dévoués aux esprits et à l’animisme, dont il reste des traces à ce jour [31], ils découvrirent les religions monothéistes, des religions qui se sont facilement et rapidement ancrées dans la vie des Kabyles.
On situe l’apparition en Afrique des premiers chrétiens avant l’an 180. Le premier document qui nous permet d'appréhender le christianisme en Afrique sont les Actes des martyrs scillitains. Il s'agit du procès-verbal de la comparution, le 17 juillet 180, d'une dizaine de chrétiens d'une bourgade de Proconsulaire non-localisée devant le proconsul d'Afrique[32].
Selon Claude Lepelley, le christianisme occidental latin est né en Afrique du Nord. Au milieu du IIe siècle, les communautés chrétiennes y étaient déjà très nombreuses et dynamiques. Et au IVe siècle, l'Afrique vit la naissance de Augustin d'Hippone, père de l'Église dont la pensée devait avoir une influence déterminante sur le christinisme au Moyen Âge et à l'époque moderne[33].
L'afrique du nord sera aussi la patrie des premiers schismes de l'histoire du christianisme, avec l'apparition du donatisme puis de l'arianisme. Meme si ces mouvements ont totalement disparus de nos jours, ils gardent une influence sur la culture des catholiques kabyles[34].
La Kabylie donnera aussi 3 papes a l'église catholique, le plus important d'entre eux étant Gélase Ier.
Après le christianisme, l’islam s’est installé à son tour et s’est même écrit une histoire dans cette région. Au début chez la population berbère se convertissait massivement, notamment pour bénéficier du même droit que les arabes musulmans concernant l'impôt... Cependant les inégalités de traitement entre arabes et non-arabes ont provoqué un repli de la population dans des doctrines contestataires du pouvoir du calife, le kharidjisme et le chiisme. En kabylie c'est le chiisme ismaélien des tribus kutama qui prédominera et qui participera à établir la dynastie fatimides et à fonder la ville du Caire pour capitale [35]. L'empire Fatimide initié par les kabyles s'étendait de la pénisule Ibèrique jusqu'à Bagdad en Irak.
Le sunnisme a été ensuite introduit notamment avec le règne de la dynastie Hammadide qui, depuis Béjaïa sa capitale, a rayonné sur l'Algérie et le Bassin occidental de la Méditerranée aux XIe siècle et XIIe siècle [36]. Pratiquant un "Islam" parfois influencé par le maraboutisme et le soufisme (à l'image de la confrérie Rahmaniya).
La ville de Bejaia connaîtra son âge d'or, notamment pour son rayonnement spirituel en raison du grand nombre de saints soufis qui en sont issus, les plus célèbres sont Yemma Gouraya, ou Saïd El-Bedjaouy. [37] [38] La ville attirera même de grand mystiques, comme Ibn Al arabi de Cordoue, qui participeront à l'identité religieuse de la région et plus généralement de l'Afrique du nord en mêlant la mystique soufie aux vieilles croyances animistes des berbères.[39] Pendant cet âge d'or Béjaïa sera surnommée la petite Mecque [40]
Le judaïsme est présent en Afrique du nord depuis l'Antiquité avec l'arrivée des phéniciens, meme si le nombre de juifs a grandement baissé depuis l'exode de 1962, essentiellement vers la France, une minorité de juif est partie directement vers Israël en 1954. Les rares juifs restés en Kabylie sont le plus souvent les plus intégrés, et leur judaïté est souvent peu visible[41]. Deux villages dans la vallée de la Soummam portant respectivement le nom de Semaoune et Smaoune ont peut-être une origine Hébraïque puisque ces deux noms signifient: Simon, la présence de courant chrétien donatiste et catholique dans cette vallée laissent planer un doute... Ce qui est sûr, c'est que dans la ville d'Elkseur la présence juive était une réalité jusqu'en 1954 et leur départ pour l'état d'Israël.
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