Bonjour ! Mon premier objectif lors de mon inscription à over-blog était d'écrire mes souvenirs en m'appuyant de mes 13 dossiers contenant 200 photos chacun. C'était une passion culturelle pour moi n'ayant rien de commercial et ni de touches aux questions raciales de quelques nature que ce soit. J'espérais avoir des échanges avec tout le monde pacifique et légal. Malheureusement, je suis très satisfait en retrouvant mes photos classées dans "CONFIGURER" de votre part.
Bonjour ! Je vous propose la lecture du texte
extrait du mensuel El-Moudjahid n° 3 - Année 1956. Je commence par la région d'Akbou. Je me suis rendu au village d'El Kélaâ (Béni-Abès) le 26 Juin 1956. A mon arrivée je jetais un coup d'oeil
circulaire sur ce que fût le village d'El-Kélaâ ; des ruines, des maisons dévastées, des cultures rasées. Point de vie en ces lieux pendant le jour à cause des avions qui ne céssent de survoler la
région. La mosquée lieu de sépulture du grand patriote " El Mokrani." Les murs du mausolée portaient encore la trace des balles et des obus, témoin d'un combat meurtrier. Le témoignage poignant
d'un vieillard intérrogé ne pouvant retenir ses larmes su ce qui s'était passé en cette journée du 10 Mai 1956. Un drame : des habitations ont été détruites, des femmes et des enfants massacrés,
des propriétés dévastées. 25 maisons détruites, 25 autres menacées de se transformer en ruines, , 80 hommes, 27 femmes, et 43 enfants tués, , des dizaines de bléssés, 48 bêtes de somme abattues, 25
avions B26 s'employaient à cette oeuvre de destruction par vagues successives et sans relâche pendant 6 heures. Au village de Bélayel distant de 7 km environ, plus de 20 bombes de gros calibres ont
été lancées, il y a eu 5 morts et 4 bléssés, 5 bêtes de somme tuées, 25 maisons détruites, un magasin évalué à 8 millions a été incendié et son propriétaire y a péri. Région des Bibans : nul
vestige d'habitations ne subsiste. Le village de Bou-Guitoune qui a été bombardé et dévasté de la plus odieuse manière. 9 morts dont 3 hommes, 2 femmes, 3 enfants, et de griosses quantités de
cérèales ont flambé. Au village d'Ouled Rached à 3 kms de distance, 6 bombes de 500 kg ont été lâchées causant la mort de 6 femmes, 10 enfants et de 2 bêtes de somme ; une grosse quantité de
céréales a été la proie des flammes. Le village de Teniet El Khémis, à 3 km plus loin, a subi un bombardement intensif, ce qui fut épargné par les avions a été brûlé par la soldatesque française ;
le nombre de victimes se solde à 11 dont 4 hommes, 2 femmes et 5 bléssés. Trois magasins ont été incendiés ainsi qu'un moulin à grains. Egalement le village d'Aquirou qui a été affreusement rasé et
où ne subsiste plus aucune maison. 12 bêtes de somme ont été tuées. Le village de Sidi-Méssaoud où 4 bombes ont été lâchées occasionnant la mort d'un homme, d'une femme et d'une vache. Le village
de Teffreg a été le plus éprouvé par les bombardements : 170 bombes de gros câlibres ont été lâchées faisant 52 victimes dont 20 hommes, 32 femmes et enfants ainsi que 14 bléssés, 220 maisons y ont
été détruites sans compter celles qui, sérieusement éprouvées, sont redevenues inhabitables. Ajouter à cela 18 bêtes de somme et 37 animaux domestiques abattus. Au village de Tadchirt, 33 bombes
avaient été lâchées causant 9 morts et 13 bléssés ; il y eut aussi 3 bêtes de somme tuées ainsi que 8 maisons détruites. Le village d'Ouled Zékhnine a eu par suite d'un bombardement 20 tués dont 14
hommes et 6 femmes ainsi que 11 bléssés, 3 bêtes de somme y trouvèrent la mort. Le village Ouled Zéïd a eu 5 de ses hommes massacrés par les soldats français, leurs corps ont été mutilés à coups de
pioche, la tête fracassée jusqu'à ce que la cervelle en jaillisse, 3 maisons et un magasin ont été incendiés. Le village d'El Colla a reçu plus de 15 bombes (lourd et leger câlibre), 130 maisons
d'habitations ont été touchées ainsi qu'une mosquée ; il y eut à déplorer 30 morts et 40 bléssés. Le village de Tazalemt a été systématiquement bombardé. Une vieille femme tuée et 4 personnes
bléssées. Au village de Bou-Ayache, 2 morts et 4 bléssés, plusieurs maisons rasées ; en outre dans les villages cités plus de 60 femmes enceintes affolées ont accouchées avant terme. Le village de
Bounda Kébira a été sévèrement pilonné par l'aviation française voyant des avions en pleine action à mon arrivée, cela dura 3 heures. Le bombardement commença à 4 h et ne céssa qu'à 7 heures. Je
suis entré au village à 8 heures. Je trouvais les hommes assis, après les salutations islamiques d'usage, je demandais à certaines des détails sur le bombardement dévastateur précédent, c'est à
dire celui du 26 Juin 1956. Ce dernier avares et s'était soldé par 40 hommes tués dont Hamitouche Mouloud et Ouchène Boubakeur ainsi que 100 femmes et 30 enfants, 112 bêtes de somme y ont trouvé
également la mort. Plus de 150 maisons furent détruites. Le village prescité avait reçu 43 bombes de 200 kg. J'y avais vu 3 qui n'avaient pas explosé ; la mosquée et la médersa lieu d'enseignement
pour enfants n'ont point été épargnées. Le village de Bounda Séghira a subi le même sort et en eut à déplorer 5 victimes parmi les femmes ainsi que 5 bêtes de somme tuées. Le vilage de Ouchanène a
été bombardé le 12 Juin 1956, il y eut 20 maisons détruites. Le village Ouled Khélifa a eu 4 morts et fût lui-même dévasté. Au village Bou-M'Saâda 9 maisons bombardées, le nombre de morts s'élève à
8 dont 3 hommes et 5 femmes. Aux villages Boufenzer - Taourmit 14 victimes dont 3 hommes, 7 femmes et 4 enfants ainsi que 12 maisons détruites. Le village Aourir a reçu 15 bombes qui ont fait 18
victimes dont 13 hommes et enfants, 5 femmes ainsi que 8 bléssés, 22 maisons ont été détruites. Le village d'Ilmayène (EL-MAIN) a été bombardé et rasé d'une façon odieuse pendant 3 jours ; on eut à
déplorer 80 morts, 70 bléssés ainsi que plus de 250 maisons détruites, 250 bêtes de somme sont à dénombrer parmi les victimes. Ce carnage fût éfféctué par plus de 300 bombes lâchées des avions
français. Le village Adouar Sidi-Idir a reçu 36 bombes et eût 27 morts, 83 bléssés ainsi que 88 maisons démolies. Après cela, les comuniqués triomphants de l'impérialo-socialiste Robert Lacoste et
de son patron Guy Mollet ont crié au ralliement des villages de la Soummam. Ces méthodes, comme celles pratiquées il y a un siècle par Bugeaud, demeureront vaines. Les Algériens sont décidés à
conquérir leur liberté et leur indépendance. Ils en savent le prix et persévèreront jusqu'à la victoire finale. Fin du rapport. Cette enquête avait été rédigée en langue française sans savoir si
elle existe quelque part dans les archives, une autre version en langue arabe. Fig 1 - Pour motif de manque d'images sur le dit rapport, l'idée me vient d'importer cette photo du sit aérostories
via le moteur de recherche " google." Fig 2 - Ahmed Salah & Siline Ouali au cimetière des chouhadas du douar EL-MAIN en 1968 dérrière une bombe larguée en 1956 par les avions B 26 m'indiquant
le point cardinal "Est" du djébel des Béni-Yalla à partir duquel ils viennent de leur base d'Aïn Arnat (Sétif).